Remonter sur un ring, c’était une nécessité, un challenge, une revanche ?
Mahyar Monshipour.À trente-quatre ans, je vais disputer ce championnat du monde pour moi,je ne le fais pour personne d’autre. Et puis, je ne voulais pas, dansquelques années, devenir comme un de ces vieux boxeurs qu’on faitmonter sur le ring pour saluer la foule. C’est pour ça que je suisdevenu promoteur de mes combats, il me fallait donc aussi remonter surle ring pour amorcer la pompe. Bref, je m’utilise comme outil depromotion.
Votre défaite contre le ThailandaisSithchatchawal, même si elle est classée parmi les plus beaux combatsde l’histoire de la boxe, vous ne l’avez toujours pas digérée ?
Mahyar Monshipour.Bon, c’est sûr qu’il vaut mieux perdre sur un grand combat que sur uneraclée ! Mais, pour revenir à mon dernier championnat du monde en 2006,j’ai perdu, ce jour-là, psychologiquement mais pas physiquement.J’avais l’impression de ne plus être un homme. Alors, je remonte sur lering parce que la boxe, c’est aussi une question d’honneur et devirilité.
Lorsqu’on revient après un long arrêt, est-ce que, physiquement, c’est « compliqué » ?
Mahyar Monshipour.Pour moi, le plus dur, c’est sans doute le régime pour parvenir à unpoids de 53,5 kilos le jour de la pesée. C’est dur dans la tête et dansla bouche ! Et c’est d’autant plus dur parce que ma situation sociale aévolué. À vingt ans, j’avais un peu moins de 20 000 francs pour vivretoute l’année, alors je mangeais souvent des haricots et j’étais toutmaigre… Maintenant que j’ai un meilleur train de vie, il faut quej’accepte de ne pas répondre aux invitations des copains pour allerdîner au restaurant.
Ne craignez-vous pas de prendre des risques pour votre santé, de faire le combat de trop ?
Mahyar Monshipour.Écoutez, on m’a redonné une licence, j’ai passé les testsnécessaires, donc médicalement il n’y a aucun problème, même sicertaines personnes mal intentionnées dans le milieu de la boxe ontvoulu faire croire que j’avais des problèmes cérébraux. De toute façon,les risques sont moindres aujourd’hui parce que les boxeurs sontbeaucoup mieux protégés, que ce soit à l’entraînement où on utilise desgros gants ou en combat où les arbitres n’attendent plus pour arrêterun boxeur en difficulté.
Entretien réalisé par Frédéric Sugnot